• Facebook Social Icon
  • Pinterest Social Icon

un article Rustica que j'apprécie...

16 animaux amis du jardin : les petits auxiliaires

Au jardin tout a sa place dans la chaîne alimentaire. Au jardinier de favoriser, par des gestes simples, la présence des animaux auxiliaires.

Chaque animal présent au jardin joue un rôle dans l’équilibre du milieu. Les animaux végétariens empêchent une plante de dominer les autres. Les techniques culturales ayant pour but de favoriser une plante cultivée au détriment des plantes sauvages (ou adventices), ceux qui s’y attaquent sont considérés comme des ravageurs. Pourtant, ils mangent ces “mauvaises herbes” et deviennent alors utiles.

Les pollinisateurs butinant les fleurs sont indispensables à la reproduction de nombreuses plantes. Sans eux, moins de fruits et de graines. Les animaux recycleurs mangent la matière végétale ou animale morte, aidant les bactéries à la transformer en sels minéraux assimilables par les plantes, gage de la fertilité du sol. Leurs galeries permettent la pénétration de l’eau et de l’air, essentiels aux racines.

Bonne santé garantie

Tout parasite a son prédateur naturel, empêchant qu’une espèce devienne dominante. Les auxiliaires les plus populaires, comme les coccinelles, se recrutent parmi eux. Un jardin accueillant pour les auxiliaires laisse une place à la flore ­sauvage : une haie variée, une friche où fleurissent des “mauvaises herbes” très attractives. Les fleurs simples, les variétés anciennes de rosiers ou de fruitiers, ou les légumes et plantes aromatiques en fleurs sont autant d’attraits pour les auxiliaires. Des pierres plates ou des rondins sur le sol, les feuilles mortes, les tapis de mousse et les tiges sèches leur fournissent des abris en hiver.
Un jardin en bonne santé est un jardin où les ravageurs sont présents en permanence. Les auxiliaires qui s’en nourrissent peuvent alors se maintenir. Un équilibre s’installe, ces ravageurs ne dépassant pas le seuil au-delà duquel leurs dégâts seraient préjudiciables.

Identifier ses alliés

Plutôt que de sortir le pulvérisateur et d’asperger tout ce qui bouge, apprenez à reconnaître les animaux qui contribuent à la bonne santé du jardin.

Des insectes bénéfiques au jardin :

et pourquoi pas fabriquer un hôtel à insectes ?

La grenouille rousse ne peut vivre que dans des milieux relativement humides et ombragés. Une haie libre, un morceau de prairie fauché une fois par an, des feuilles mortes, de la mousse, des rondins laissés à pourrir au sol, de grosses pierres ou une mare naturelle au fond vaseux comme site d’hivernage ou de ponte, sont autant d’aménagements qui lui facilitent la vie.

  • Pour attirer ce petit amphibien dans votre jardin, vous pouvez créer et entretenir des points d’eau peu profonds. Lorsque de tels sites sont nouvellement créés, les grenouilles les colonisent en général assez rapidement et s’y réfugient en cas de sècheresse. Attention tout de même aux rebords trop hauts ! La grenouille est à l’aise dans l’eau, mais si elle ne peut pas sortir, elle panique, nage jusqu’à épuisement et se noie. Mettez éventuellement en place une petite échelle de secours dans le bassin !

  • L’emploi de pesticides et d’engrais est bien sûr très nocif pour ces petits individus. Le mieux est bien sûr de suspendre complètement l’emploi de ces substances aux niveaux des points d’eau mais aussi sur les trajets de migration des grenouilles. Une des causes importantes de mortalité de la Grenouille rousse est l’intoxication par les pesticides : par exemple, en mangeant des limaces, elles-mêmes empoisonnées par les anti-limaces, la grenouille en est victime à son tour. Evitez de traiter votre jardin et découvrez de nouvelles manières de lutter contre les «nuisibles».

Le hérisson a besoin de feuilles mortes pour construire son nid, en particulier de chêne. En laissant celles qui tombent au pied de la haie, en prévoyant des buissons touffus, notamment de ronces, souvent choisis pour y bâtir le nid, en accumulant un tas de branchages dans un endroit tranquille, il pourra se fixer au jardin. Son domaine vital excédant largement la surface d’un jardin, il est bon de prévoir des passages vers les autres jardins avec une clôture étanche du côté de la route pour éviter les accidents.

Lézard des murailles : Des murs crevassés biens exposés pour prendre le soleil et chasser, des zones de terre nue pour pondre suffisent à son bonheur. Un point d’eau, simple cuvette enterrée à ras de terre et maintenue remplie, est utile, car il ne peut pas se passer de boire. Sur un mur de parpaings sans fentes, une ardoise fixée sur 2 tasseaux procure un abri contre son ennemi mortel, le chat.

le fléau de l'été

Un vétérinaire à la retraite de Villeneuve-lès-Avignon, relance l’idée de favoriser les chauve-souris pour limiter les populations de moustiques. Charles Touge, président d'une amicale de jardiniers, vient d'installer un nichoir dans le potager collectif de l'association, quartier de Bourbon, près du Rhône.

"Normalement une chauve-souris qui pèse 8 grammes mange un quart de son poids par jour, c’est colossal. Elle chasse en général quatre heures la nuit tombée." - Charles Touge

Charles Touge, avec Jean-Michel Le Ray

La pipistrelle est la chauve-souris la plus commune en Provence, elle peut en quatre heures de chasse chaque nuit, dévorer plusieurs milliers d’insectes et particulièrement des moustiques, communs ou tigres.

"Une pipistrelle mange l’équivalent de 3.000 moustiques par nuit. L’efficacité c'est non pas qu’elle les mange, mais que plus il y a de chauves-souris, plus il y a d’ultra-sons émis par les chauves-souris. Eet rien que les ultra sons feraient fuir les insectes." - Thierry Stoecklé, documentariste

Le nichoir à chauve-souris est en général une boîte en bois épaisse d'une dizaine de centimètre que l'on accroche entre trois et cinq mètres du sol. On le trouve à partir d’une vingtaine d’euros en jardineries ou sur internet. On trouve aussi en ligne des plans pour en construire.

A Marmande, la Ville veut freiner la prolifération du moustique-tigre en installant 100 abris à chauve-souris.

Qu’on se le dise, la bataille est perdue d’avance. Le moustique-tigre a pris ses aises en Lot-et-Garonne, il n’en partira pas. Ce n’est donc pas pour éradiquer l’insecte rayé que la Ville de Marmande mise sur le héros masqué. Batman, toute chauve-souris qu’il est, ne s’en sortira donc pas aussi aisément que dans Gotham City. Marmande veut néanmoins choyer les chiroptères, capables d’ingurgiter près de 4 000 moustiques-tigres par jour. Et donc de jouer le rôle (sans cape noire) d’insecticides naturels redoutables.

"Nous misons sur un plan de développement durable impliquant le moins de nuisances possible pour les habitants" 

La rédaction vous conseille

Depuis un mois, la commune lot-et-garonnaise a confié à ses services techniques le soin de concocter des abris pour chauve-souris.  « Pour lutter contre la prolifération des moustiques-tigres, étant donné les nombreuses plaintes reçues en mairie, nous misons sur un plan de développement durable impliquant le moins de nuisances possible pour les habitants, indique le maire Daniel Benquet. Des choses très classiques, comme des supports de communication complets, une vidéo, des contacts avec les entreprises pour éviter la stagnation d’eau aux abords de leur site, l’embauche de services civiques pour sensibiliser la population, etc. Et puis nous innovons avec ce projet d’installation d’une centaine d’abris à chauve-souris. »

Attirer cette espèce menacée

Un prototype a été présenté il y a quinze jours en bureau municipal. Ces supports visent à apporter protection et chaleur aux chiroptères afin qu’ils reviennent en ville. Une récente étude présentée par le ministère de l’Environnement a indiqué que le Lot-et-Garonne comptait parmi les départements ayant les plus forts taux de chauves-souris considérées comme menacées ou quasi menacées d’extinction. « Il en reste dans les campagnes. Mais en milieu urbain, elles ne trouvent pas suffisamment de calme. Il faut donc les aider à y revenir. Il est important de les réintroduire », poursuit le maire.

Un étudiant de l’université de Bordeaux, en master 2 Biologie de l’environnement, spécialiste des cycles des deux espèces, devrait prochainement venir en renfort pour aider à l’implantation de ces abris que les habitants construiront au travers des conseils de quartier.

"Il reste des chauves-souris dans les campagnes. Mais il faut les aider à revenir en ville"

Ce levier innovant de lutte contre la prolifération du moustique-tigre, espèce invasive vectrice notamment du chikungunya et de la dengue, complétera un « arsenal » chimique que les services municipaux jugent peu efficaces. « C’est simple, nous faisons deux traitements annuels. Leur efficacité est de cinq jours chacun », assène Daniel Benquet. Maigre, effectivement. Des traitements individuels chez le particulier, moyennant des frais, peuvent être proposés par la Ville. Là encore, aucune garantie d’efficacité, le satané moustique pouvait très bien avoir pris ses aises chez le voisin.

Efficacité avérée ?

Mais l’efficacité des petits mammifères est-elle avérée, ceux-ci vivant la nuit, à l’heure où les moustiques-tigres sont en sommeil ? « L’été, les chauves-souris sortent quand la luminosité commence à chuter. On les voit d’ailleurs très bien virevolter. C’est le moment où les moustiques-tigres sont très virulents. Nous espérons simplement que les chauves-souris s’approprieront rapidement ces nichoirs. »

Le conseiller départemental Joël Hocquelet, très impliqué dans cette lutte pense qu’au contraire les deux espèces ne feront que se croiser. L’expérience, qui sera mise en place dès cette année dans la commune, sera donc seule juge. Une chose est sûre : la municipalité de Marmande relève les manches. Au risque de se faire piquer (l’idée, tout du moins).

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now